Contributif (web)

Professeure émérite en Sciences de l’Information, Communication de l’Université Paris 8. Titulaire de la Chaire UNESCO ITEN (Innovation, Transmission, Edition Numériques)

Le web contributif se construit autour de l’agrégation de contenu publié par des internautes. Les sites contributifs peuvent être des réseaux sociaux, des sites ou blogs avec des zones de commentaires, ou des plates-formes de partage et de construction d’information ou de connaissances.

Le web contributif varie selon deux paramètres: les contenus publiables par les internautes et les modalités de contribution.

On constate dans la diversité des contenus que ce qui est publié par les internautes et géré s’organise autour d’un média dominant: par exemple: vidéo (YouTube®, DailyMotion®), images (Flickr®), musique (MySpace®) ou texte (Wikipédia).

En ce qui concerne les modalités de contributions, elles sont aussi très variables, entre la construction contributive d’une évaluation par une agrégation de commentaires et la coconstruction éditorialisée de savoir, les rapports entre webmestre/éditeur et internautes ne sont pas de la même nature. Par ailleurs, un site contributif peut être construit autour d’une ligne éditoriale plus ou moins organisée. On constate une gradation entre participation, vote, contribution et coconstruction.

Le contributif dans le web 2.0 est un moyen de permettre à l’usager ne maîtrisant pas les langages informatiques de s’exprimer facilement sur différents types de sites, de participer à la création de contenu et de donner son opinion. Ce phénomène de massification de l’expression des individus se manifeste par des possibilités constantes d’apport de point de vue, d’adhésion et d’annotation sur une diversité considérable d’objets. Mode incontournable de fidélisation pour les sites du e-commerce, de la e-politique ou des e-sciences, il est aussi devenu un mode de partage exponentiel d’information.

La place du contributeur et sa visibilité sont devenues des éléments constitutifs de son identité numérique puisqu’il peut partager ses commentaires et avis sur ses sites de réseaux sociaux. Plus la visibilité du contributeur sera affichée et relayée, plus elle participera de la valorisation de son identité numérique, sur le mode du personal branding.

La visibilité dépend beaucoup du processus de participation qui peut être limité au quantitatif ou se déployer en divers degrés de contributions qualitatives. Ainsi la contribution peut être limitée à un vote comptabilisé pour classer un produit ou un service, dans ce cadre, le contributeur n’est pas visible. A l’inverse, une contribution nominale relayée sur un réseau spécialisé atteste d’une appartenance dans un processus de collaboration à forte valeur ajoutée et permet d’affirmer un propos singulier.

La contribution crossmédia permet à chacun d’apporter un élément de connaissance supplémentaire, notamment à partir de sa praxis et de ses savoir-faire spécifiques. Ainsi différents types d’écritures, adaptées à chacun des supports, trouvent leur complémentarité dans un enrichissement respectif. Tout individu construit ses grilles d’interprétation et de compréhension à partir de ses référents culturels et scientifiques qui sont structurellement nationaux. Le contributif crossmédia peut désormais se penser mondialement avec le haut débit, et permettre l’interaction entre territoires d’intelligibilité scientifiques et culturels différents.

Contributions
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