Data représentation

Auteur et Artiste Multimédia, enseignant en Philosophie

La data représentation consiste à visualiser des données complexes, automatiquement et ergonomiquement, selon une logique esthétique permettant leur compréhension. Dans l’art numérique, la data représentation se détache des modèles statistiques pour trouver des formes esthétiques propres et des bases de données singulières.

La data représentation se situe dans une perspective esthético-cognitive, entre l’art, l’entreprise, la statistique, la science. C’est pourquoi de nombreux laboratoires de recherche universitaire développent des librairies JavaScript ou des applications de data représentation, ou data visualisation. Dans le cadre artistique, la data représentation se tient dans l’horizon documentaire. Les données ne sont pas montrées seulement objectivement, elles sont restituées selon leur force cognitive dans des dispositifs esthétiques permettant de les interroger, de se réapproprier leur sens. Ainsi, dans l’art numérique, si pour une part nous pouvons voir le collectif RYBN s’attacher à une logique de data représentation par rapport au flux boursier et selon des formes relativement conventionnelles, la data représentation s’est détachée des modèles statistiques pour tout à la fois trouver des formes esthétiques propres et des bases de données singulières. C’est en ce sens que Cécile Beau et Nicolas Montgermont, avec Sillage (2012), analysent les données du tremblement de terre du 12/03/2008 au Chili et en donnent une représentation esthétique physique à partir de l’oscillation et de la résonance sonore à la surface de l’eau. Plus l’onde sismique est forte, plus les circonférences à la surface de l’eau sont amplifiées grâce au processus sonore.

Tout autrement, le groupe Slider, dans leur projet Sky memory project (2011-2012), interroge la construction narrative des premiers James Bond à partir de l’abstraction des plans et leur mise en situation géométrique. Quant à HP Process, leur projet Words city (2012) génère la data représentation d’une ville, à partir des données toponymiques ou subjectives envoyées à partir de l’espace réel par les habitants, ceci pour mettre en évidence la vitalité communicationnelle des quartiers, comme cela a été le cas à travers les villes de Tokyo, Kyoto et Fukuoka au Japon. À l’origine, la data représentation semble liée à l’actualité sociologique, économique ou politique, sans recourt à l’informatique, comme le montre les graphes de Mark Lombardi, ses Global Network par exemple. Aujourd’hui, la data visualisation tend à devenir un outil esthétique qui peut imprégner de bien des manières l’art. C’est ainsi qu’en 2013, à Avignon, L’argent, texte de Christophe Tarkos mis en scène par Anne Théron avec Stanilas Nordey, donnait à voir quarante-huit mètres d’écran entourant la scène, mettant en perspective tous les flux de l’argent caché de l’économie mondiale. Plus que d’être un décor ou bien un document, ce mapping géant entrait en dialogue avec les phrases dites par Stanislas Nordey, composant alors un méta-texte au texte entendu, un contre-champ significatif.

Contributions
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Words city
Exemple d'expérimentation
1 octobre 2015

HP Process, Words city, 2012.

Slider, Sky memory Project, 2011-2012
Exemple d'expérimentation
1 octobre 2015
Datavision
Références
1 octobre 2015
Auteur : David McCandless
Editeur : Robert Laffont