Document

Professeure émérite en Sciences de l’Information, Communication de l’Université Paris 8. Titulaire de la Chaire UNESCO ITEN (Innovation, Transmission, Edition Numériques)

La notion de document désigne un ensemble unifié de données, présentées sous une certaine forme. Les documents peuvent contenir des données textuelles, sonores, graphiques ou encore audiovisuelles.

À l’origine un média était principalement textuel destiné à informer ou à instruire, l’informatique a fait muter la notion de document en transformant sa matérialité, en la rendant potentielle. L’informatique a aussi rendu le document potentiellement interactif, ouvrant la voix à des créations multimédias dans lesquelles le spectateur devient acteur.

Les documents électroniques ont chacun leur extension, qui aide à déterminer, pour l’humain comme pour la machine (ordinateur, tablette, liseuse électronique), quelle sera le logiciel le mieux à même de l’interpréter. On peut citer parmi les plus courantes le .txt, .rtf, .doc ou le .odt pour le texte ; le .bmp, .jpg, .gif ou encore .png, pour une image ; le .wav, .mp3, .wmv ou .ogg pour le son ; enfin, le .mpg, .mp4, .wmv ou .ogv pour la vidéo. Ces documents sont une sous-catégorie des fichiers informatiques: ce sont des fichiers qui ont été créés à l’aide d’un logiciel (d’une application).

Les documents électroniques peuvent être présentés dans des formats de fichiers spécifiques. C’est le cas du .docx, format imposé par Microsoft® Word 2007 et suivants, ou du .psd, format d’Adobe® Photoshop: en découlent, régulièrement, des problèmes de compatibilité ou de visualisation.

La présentation du document, son contexte en quelque sorte, permet d’exploiter le document de diverses manières. Une vidéo sur un site web peut être rendue interactive, et un document texte édité sur Google® Docs peut être révisé et travaillé en équipe. En ligne ou hors-ligne, des métadonnées peuvent être associées à ce document (auteur, titre, mots-clés, taille du fichier et type de fichier par exemple), en plus de celles contenues dans le document.

Ces méthodes peuvent être utilisées pour délinéariser le document, et rendre sa consultation plus libre qu’auparavant: des balises d’ancre insérées dans un document HTML, par exemple, permettent d’accéder en un clic à un paragraphe ou un chapitre de texte, ou encore à une vidéo ou une image associée.

La numérisation des documents a permis d’une certaine manière la miniaturisation des moyens de stockage: un document de mille pages peut aisément être stocké sur une clé USB, et envoyé par courrier électronique. Internet et les réseaux locaux ont facilité la diffusion de ces documents, et leur stockage sur Internet a permis de les rendre accessibles et de les éditer à distance.

Ces nouveaux modes de stockage posent le problème de la pérennité des données: on sait depuis les années 90 qu’un CD-ROM ou un disque dur, même stocké avec la plus grande attention, pourra ne plus être lisible dix ans plus tard. Et ce considérant que le moyen physique de récupération des données (lecteur de CD-ROM…) existera toujours.

Cette numérisation de tous les médias a ouvert la voie à de nouveaux marchés, aussi bien numériques qu’analogiques. De multiples boutiques de vente et de location de musique et d’autres médias en ligne ont vu le jour depuis les années 2000, la plus iconique (parce qu’ayant le mieux réussi) est l’iTunes Store® maintenu par Apple®. On peut encore citer Amazon®, qui depuis 2007 vend des livres électroniques en liaison avec leur liseuse, le Kindle®, et dont la vente d’ouvrages électroniques, en mai 2011, a dépassé celle des ouvrages papier.

Si les documents ont connu dans les années 90 une numérisation extrêmement forte (musique, film, photographie), on constate néanmoins depuis quelques années une volonté de retour partielle à une matérialité du document. Cela peut être une matérialité nostalgique comme lors de la vente d’un disque vinyle couplé avec la version numérique d’un album de musique, ou une volonté de faire partager ces documents en ligne avec le monde réel: plusieurs sites web proposent l’impression des photographies numériques, et les magasins vendent de petites imprimantes portatives destinées à procéder soi-même à cette impression. Certains projets, plus conceptuels, proposent par exemple d’imprimer une timeline de tweets, venant de la plate-forme Twitter®, sur papier.

Une œuvre multimédia peut être composée d’un seul document, puisque le contenu du document peut présenter plusieurs médias. En revanche, un document ne peut être appelé une œuvre crossmédia: par nature, son contenu ne change pas selon le support. Une œuvre crossmédia sera composée de plusieurs documents distincts, chacun pouvant avoir son format et sa présentation spécifique.

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