Transmédia

Professeure émérite en Sciences de l’Information, Communication de l’Université Paris 8. Titulaire de la Chaire UNESCO ITEN (Innovation, Transmission, Edition Numériques)

Étymologiquement les notions de transmédia et de crossmédia sont substituables. Le préfixe trans- signifie en latin à travers, au-delà et cross- signifie en anglais croiser, traverser. Une idée de dépassement des médias pourrait résider dans la notion de transmédia, alors qu’il s’agirait plutôt de croisements ou de combinaisons pour le crossmédia. Cette infime différence terminologique n’a pour l’instant pas de réalité pratique.

Le concept partagé par ces deux notions, qui correspond à l’idée d’un contenu qui traverse efficacement les médias est un souhait éditorial affirmé qui trouve sa mise en pratique dans un nombre croissant de réalisations.

Les deux notions semblent se différencier principalement par leur secteur d’émergence. La notion de crossmédia a été principalement utilisée par les professionnels de la presse, de la communication et de la publicité, alors que la notion de transmédia a été portée par les éditeurs de jeux vidéo. Dans le secteur de la production de documentaires, les deux termes semblent utilisés indifféremment.

Ces notions interchangeables ne peuvent être confondues avec les produits dérivés ou avec les duplications de contenus strictement identiques sur des supports différents. Les notions de crossmédia et de transmédia sont employées pour désigner des projets éditoriaux structurés dès l’origine autour de combinaisons de médias et mêlant discours linéaire et délinéarisé. Les productions crossmédia ou transmédia cherchent la symbiose des médias et visent à enrichir le contenu linéaire traditionnellement diffusé par les mass médias. Ces deux notions se rejoignent aussi en ce qu’elles désignent des productions pluri-interfaces, à la différence du multimédia qui correspond à l’articulation de plusieurs médias sur un document accessible à partir d’une seule interface.

Transmédia et crossmédia répondent aux mêmes mutations technologiques, économiques et d’usage. Les narrations délinéarisées portées par ces réalisations exploitent les nouvelles possibilités techniques et s’adressent à des cibles équipées attirées par les contenus immersifs. La différence d’appellation n’est pas pour l’instant réellement sensible en matière de techniques narratives.

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