Usages crossmédia

Professeure émérite en Sciences de l’Information, Communication de l’Université Paris 8. Titulaire de la Chaire UNESCO ITEN (Innovation, Transmission, Edition Numériques)

Les usages crossmédia s’insèrent dans un écosystème dynamique de l’information, et permettent de rendre plus fluide et complète l’expérience utilisateur. À ce titre le crossmédia modifie les usages de consommation des médias et les modalités de communication en créant des passerelles techniques et informationnelles entre les médias éditoriaux traditionnels et les nouveaux médias interactifs.

L’analyse des usages crossmédia passe par une analyse préalable des usages permis par chacun des médias et des catégories d’utilisateurs de ces médias. Il convient donc de se référer aux grandes catégories de médias distinguées en fonction du type de récepteur: média point à masse, média point à point et média point à multipoints.

Les usages point à masse sont principalement informationnels, éditorialisés et synchrones ; les usages point à point communicationnels, personnalisés et synchrones/asynchrones et les usages point à multipoints informationnels/communicationnels, communautarisés et asynchrones. Le crossmédia permet d’organiser les complémentarités d’usages pour optimiser la diffusion de l’information et la communication. L’activité du récepteur pourra être orientée par les combinaisons d’usages proposées.

La presse papier, média point à masse traditionnel, s’est par exemple adaptée, d’une part aux usages point à multipoints en proposant au lectorat de publier des commentaires à la suite d’articles sur Internet, de partager les articles en ligne sur les réseaux sociaux, et d’autre part aux médias point à point en proposant de s’abonner à des fils RSS ou newsletters envoyés par voie de push sur les téléphones portables. Les productions crossmédia, en raison de leur construction symbiotique, permettent généralement une plus grande diversité d’usages et sont conçues de manière englobante. Ces productions sont en phase avec la mutation du comportement des usagers, amorcées par le phénomène multitâches.

Les usages crossmédia ne sont pas monolithiques et s’inscrivent dans les différents moments de la vie quotidienne. Les réseaux sociaux et la communication mobile apparaissent comme les deux catalyseurs principaux de ces usages quotidiens du crossmédia. Ils permettent à l’usager la contextualisation de l’activité virtuelle dans le monde tangible (code-barres bidimensionnels, push, mobilier urbain, etc.) et la contextualisation de l’activité tangible dans le monde virtuel (géolocalisation, Foursquare®, Twitter®, Facebook®, etc.).

Le crossmédia, loin d’être destiné exclusivement aux jeunes technophiles, s’adresse à l’ensemble de la population en proposant des usages diversifiés et des points d’entrée numériques via des supports traditionnels ou à interfaces simplifiées.

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