Web 2.0

Professeure émérite en Sciences de l’Information, Communication de l’Université Paris 8. Titulaire de la Chaire UNESCO ITEN (Innovation, Transmission, Edition Numériques)

La notion de web 2.0 peut être définie comme un état du réseau Internet où la publication est standardisée et s’appuie sur l’intelligence collective. Cette notion désigne les mutations d’usages sur Internet liées aux médias sociaux, aux blogs et au contributif.

Ce concept a été revendiqué et porté par O’Reilly Media®, il aurait été créé pour redonner confiance dans l’économie numérique après l’éclatement de la bulle Internet et mettre en valeur certaines plates-formes d’une nouvelle génération. Sans désigner de réelle rupture avec un web 1.0, le web 2.0 correspond à une ouverture grand public d’Internet où les usagers deviennent réellement actifs dans la production de contenu.

La notion de web 2.0 a été largement récupérée par les professionnels d’Internet et par le public pour y agréger toutes les nouvelles catégories de sites Internet et de possibilités offertes par le réseau en termes d’interactions et d’usages. Le web 2.0 est moins éditorialisé, c’est un réseau d’abondance d’opinions, structuré autour des réseaux sociaux et des blogs. Le web 2.0 est structuré avec d’une part une multitude de petits sites ou blogs très peu visités et très peu mis à jour, et d’autre part une minorité de sites référents auxquels renvoient généralement ces petits sites. La hiérarchisation entre ces sites du web 2.0 est opérée par les outils d’analyse et par Google®, véritable outil de listage de ce réseau.

La production de contenu par une intelligence collective et grâce aux liens réalisés entre des opinions émises par des auteurs différents est une des ambitions principales de ce Web contributif. Le site caractéristique du web 2.0 et de cette élaboration concertée de contenu par une intelligence collective est Wikipédia ®. Conçu comme une encyclopédie internationale se voulant objective et produite par ses lecteurs, Wikipédia® est un agrégateur puissant de connaissances. Les points de vue s’y fondent, les adresses IP y côtoient les pseudonymes et les noms patronymiques, pour ébaucher un macro-point de vue subjectif et parfois contradictoire. Wikipédia® comme les blogs donnent des gabarits aux auteurs, contributeurs ou commentateurs pour rendre le propos accessible, mais la diversité des types de contribution empêche la cohérence. La notion de web 2.0 a eu un impact tel que la désignation « 2.0 » s’est étendue à d’autres termes, comme Constitution 2.0, Musée 2.0, Entreprise 2.0, Démocratie 2.0, Ville 2.0, etc. Cela semble signifier globalement une démarche prospective, une volonté d’usage des technologies de pointe, une production collaborative et la prise en compte de besoins sociétaux.

Le crossmédia modifie la dynamique du web et permet aux outils éditoriaux multiplates-formes de catalyser la dimension contributive du web 2.0. La collaboration et l’intelligence collective dans la création de contenu s’invitent dans l’instantané et dans le monde physique par l’intermédiaire des téléphones mobiles et grâce aux usages crossmédia.

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